On parle de nous ! Mais que fait-on ?

Un grand merci au magazine Reflets (magazine des anciens de l’ESSEC) d’avoir interviewé Earth To Ocean et replacé un peu le sort des océans sur le devant de la scène. Vous trouverez un avant goût de l’article en suivant ce lien

Nous avons eu l’honneur de partager la couverture avec Sabine Roux de Bézieux, présidente de la Fondation de la Mer, qui soutient depuis des années de nombreux projets allant dans le bon sens pour tenter de comprendre et préserver ce bien commun liquide, salé, immense et encore vivant qui est le nôtre.

L’ensemble du dossier est passionnant, et donne la part belle à de nombreux entrepreneurs « marins » dont voici quelques projets :

 

 

Où en est Earth To Ocean ?

Depuis sa création il y a bientôt 7 ans, l’ambition de notre projet reste la même : éduquer, orienter, faire agir et encore … éduquer les futurs cadres et dirigeants de la planète aux enjeux océaniques, confrontés toujours plus aux trois fléaux qui le frappent : 

  • le changement climatique, en tête du trio, dans lequel à la fois sa cause et ses conséquences sont dramatiques pour la biodiversité marine, et donc les écosystèmes humains qui en dépendent. En effet, l’émission toujours croissante des émissions de dioxyde de carbone a un impact direct sur l’océan puisque cette petite molécule acide s’y dissout, baisse le pH global, et altère sérieusement les capacités vitales des animaux à coquille et des coraux, ce qui représente une part énorme de l’arbre du vivant. Dont des poissons qui nourrissent bon nombre d’entre nous…
  • les pollutions, plastique (un semi-remorque de déchets plastiques est vidé dans l’océan chaque minute), chimique, via les fleuves et rivières, ont un impact évident sur les écosystèmes côtiers, en particulier sur les lieux de reproduction et de développement des animaux marins. Mais n’oublions pas la pollution sonore, qui tue des milliers de cétacés chaque année, puisqu’ils « voient » par leurs oreilles et que nous les aveuglons copieusement.
  • la surexploitation ou la mauvaise exploitation des ressources qui touchent à l’océan : il s’agit bien sûr de la surpêche, de l’extraction d’hydrocarbures offshore qui n’est pas sans danger, surtout dans les zones polaires, mais aussi l’aménagement brutal des littoraux, tuant souvent mangroves et praires sous-marine au profit de projets industriels ou immobiliers.

Où en sommes-nous ? Soyons honnêtes, pas aussi loin que nous l’aimerions.

Le projet de chaire « Océans » à l’ESSEC a depuis plusieurs années été mis de côté par l’établissement, malgré notre lobby actif, et nous ferons tout pour le relancer dès lors que le moment sera plus propice pour cela, et que le sujet sera réellement pris à bras le corps par ceux qui ont le pouvoir d’en décider ainsi, en y associant peut-être plus largement climat et vivant qui sont des sujets d’inquiétude pour la jeune génération arrivant sur les bancs après le bac.

Nous avons d’ailleurs bon espoir, car la crise sanitaire d’aujourd’hui, conséquence directe de la crise globale de biodiversité, nous montre ce vers quoi, socialement, nous allons si nous n’arrivons pas à adapter notre mode de vie et notre empreinte sur la nature, atmosphère et océans compris : des réglementations étatiques strictes, qui impactent directement nos vies, des crises économiques et sociales interminables, et une incertitude générale. Aucun besoin de boule de cristal pour imaginer les conséquences sociales d’un océan sans poisson, sans coraux, d’une atmosphère de 2 ou 4 degrés de plus, et donc entre autres soucis, d’une montée des eaux de plusieurs mètres.

Cette crise actuelle pointe aussi les limites, sinon les absurdités, de notre modèle libéral économique qui a consciemment oublié que les ressources naturelles sont limitées, et que la poubelle globale – air et eaux – dans laquelle nous mettons nos déchets devenus de moins en moins dégradables commence à se rééquilibrer elle-même, avec les conséquences déjà présentes que l’on voit chaque année en feux de forêt, inondations, cyclones hors norme, records de sécheresses, crises alimentaires liées…etc.

L’avenir ne paraît ni rose, ni vert, ni bleu. Si nous commençons à prendre « le mur », à nous cependant de limiter l’impact.

Et l’océan dans tout cela a bien des choses à nous enseigner. La mer et les gens de mer ont des valeurs et des fonctionnements qui seront plus que jamais nécessaires à l’avenir (humilité, sobriété, entraide), et ce sera l’objet d’un prochain article.

Earth To Ocean a choisi donc de poursuivre cette démarche, avec d’autres réseaux dans lesquels l’océan doit aussi avoir sa part. Parmi eux, l’initiative du Shift Project ou plus récemment d’ESSEC Transition nous paraissent très sensées, s’appuyant sur des études scientifiques solides et des constats clairs et précis comme ceux faits par le GIEC. Ce dernier a par ailleurs publié en septembre 2019 un rapport spécifique aux océans, qui fait froid dans le dos.

Par ce blog, par ces partenariats, mais aussi par le soutien et la promotion de tout projet qui correspondra à ces impératifs pour notre planète Mer, nous continuerons notre mission.

Earth To Ocean est plus que jamais un projet ouvert à tous, en particulier aux jeunes en recherche avide de sens devant la catastrophe environnementale et la faible réaction des pouvoirs politiques et économiques. 

Nous en profitons donc pour renouveler ici notre invitation à nous contacter. Vous avez carte blanche pour vous investir avec nous, utiliser notre site et notre réseau, au rythme et à la puissance dont vous disposerez – car nous ne savons que trop bien qu’associer engagement citoyen et vie professionnelle ou étudiante (sans oublier privée…) est difficile en ce début de XXIème siècle. 

Enfin, nous invitons plus que jamais les porteurs de projets, salariés, entrepreneurs, « simples » stagiaires, et autres volontaires dans tout type d’organisation ou réseaux qui portent un océan durable dans leur ADN, à nous contacter également pour parler de vous, de votre parcours (ne soyez pas timide) pour montrer la voie à beaucoup d’autres comme vous qui veulent agir pour la planète bleue mais ne savent ni comment, ni par où, ni l’étendu des possibles qui s’offrent peut-être à eux.

Nous ne sauverons sûrement pas la planète (ce qui d’ailleurs ne veut pas dire grand chose) ni ne reviendrons à une nature aussi belle et riche qu’il y a 5 000 ans avec notre civilisation actuelle, mais nous pouvons quand même donner ensemble et chacun du sens à notre petit passage sur cette Terre/Mer en lui rendant ce qu’elle nous a offert. C’est aussi simple et c’est aussi compliqué que cela à la fois.

Merci à tous.