Après plusieurs mois de voyage (en mer), Earth To Ocean revient avec le récit d’Edgard, motivé plus que tout par les énergies renouvelables, qui a achevé un stage dans le domaine de l’éolien flottant.

Qui a décrété qu’on devait faire ses stages d’école à la photocopieuse ou pour une entreprise sans vraiment savoir pourquoi?

 

– Salut Edgar, tu as aujourd’hui 25 ans et tu as réalisé il y a peu un stage chez Eolink. Peux-tu nous en dire plus sur ton entreprise ?

Bonjour, j’ai travaillé chez Eolink, une petite startup qui se lance dans l’éolien flottant. On a mis à l’eau un modèle à l’échelle 1/10ème d’une éolienne avec quatre mats formant une pyramide, au bout de laquelle trois grandes pales tournent pour produire de l’électricité. Ce « modèle » 1/10ème est déjà assez grand, une dizaine de mètres de haut, mais à terme on veut construire une éolienne de 120 mètres de haut !

– En quoi a consisté ton travail au quotidien ?

Au quotidien, je travaillais sur la structure de notre machine. Je dimensionnais les grosses pièces pour qu’elles puissent résister à tous les efforts qu’elle va subir une fois en mer, c’est-à-dire les efforts dû au vent et aux vagues.

– Quel est ton parcours scolaire (depuis le lycée) et professionnel avant tout ceci ?

J’ai directement été admis en école d’ingénieur post-bac, à l’INSA de Lyon. J’ai fait deux ans de prépa intégrée dans l’école avant de me choisir une spécialisation. J’ai choisi « Mécanique et développement », c’est en gros une formation pour finir en recherche et développement. Cependant, l’école nous forme pour être assez polyvalent de manière à pouvoir s’adapter à n’importe quel type de tâche et d’environnement de travail.

Pendant ma formation j’ai eu la chance de faire un stage ouvrier d’un mois au Japon, chez NTN, un fabriquant de roulements à billes. J’ai aussi eu la possibilité d’étudier deux ans à Trinity College, à Dublin, en Irlande, pour obtenir un double diplôme.

Et pour finir Brest pour un stage de fin d’études.

– Que t’as apporté ton parcours pour en arriver à ce que tu fais aujourd’hui ?

Mon parcours m’a permis d’ouvrir les yeux sur l’immensité du monde et surtout le nombre infini de possibilités qui s’offrent à moi. À la base j’avais prévu d’étudier à Paris, car je viens de la région parisienne et cela semblait évident de rester autour. Cependant, j’ai été refusé à pas mal de choix, lorsque j’ai postulé sur le site post-bac. Cela m’a laissé uniquement Lyon.  Mais si c’était à refaire je le referai sans hésitation ! Quitter le foyer familial et être contraint de partir « loin » m’a permis de faire énormément de rencontres. Cela m’a permis de me rendre compte que la vie est bien plus diverse et complexe que je ne le pensais.

– Es-tu arrivé dans le milieu maritime par hasard ou est-ce quelque chose qui t’attirait depuis longtemps ? Pourquoi ?

Honnêtement, je suis tombé dessus un peu par hasard. Ce qui m’a poussé à faire ce stage était principalement les énergies renouvelables. Cependant, la mer m’a toujours un peu fascinée par son immensité et du peu que l’on connait d’elle, comparé à toutes les merveilles dont elle regorge.

 – Qu’est-ce qui t’a le plus emballé dans ce stage ? Le moins ?

Ce qui m’a le plus plu dans ce stage c’est que c’était une petite structure où chacun avait des rôles assez diversifiés. Nous étions 6. Cela permet d’être assez libre et autonome en plus, chacun peut toucher un peu à tout. Par exemple, j’ai plusieurs fois été sur l’éolienne pour faire des tests, installer des appareils de mesure, etc…

De plus chacun a son avis et peut l’exprimer assez facilement, il sera toujours écouté s’il est assez pertinent.

Ce qui m’a le moins plu, c’est qu’en tant que stagiaire j’avais un travail assez précis et mes tâches étaient un peu plus répétitives que celles attribuées à mes collègues, mais ça faisait partie du job et c’était temporaire.

Penses-tu que le domaine des énergies marines renouvelables est un secteur dans lequel tu aimerais travailler plus tard ? Pourquoi ?

Je suis convaincu que mon avenir se fera dans le domaine des énergies renouvelables, que ce soit maritime ou non. Je veux participer à une transition énergétique plus verte, dans le but de créer un monde plus respectueux de l’environnement.

Cependant être près de la mer est toujours un plus !

– Que conseillerais-tu à un lycéen ou un étudiant qui souhaiterait travailler dans le secteur des énergies maritimes renouvelables ?

De pas avoir peur de viser grand et haut. Qu’il faut croire en ses valeurs.

En effet, peu de choses ont été concrètement développées dans ce secteur. Les grands groupes commencent à se tourner lentement vers les énergies renouvelables en général, ainsi, si vous croyez en ces valeurs d’avenir, n’hésitez à viser haut et grand !

– Que conseillerais-tu à un lycéen quelqu’un qui rêverait de faire ton école ?

Qu’il ne faut pas hésiter ! Que ce soit mon école ou une autre ! Il faut se lancer et ne jamais baisser les bras, même si c’est dur ou que ça fait peur, car au final, tous les efforts finissent par être récompensés !

 

Crédits photo : Nicholas Doherty