En ce mois de Mars, Earth To Ocean vous amène à la rencontre d’un jeune chef d’expédition, à l’heure actuelle probablement en pleine plongée avec quelques requins dans les Antilles ou dans le Pacifique Est. C’est avec plaisir que nous vous parlons aujourd’hui de Jérôme, fondateur du projet Lords of the Ocean.

Et avant tout : n’oubliez pas de suivre l’expédition ici : https://www.lordsoftheocean.com/!

Screenshot_20190312-083722– Salut Jérôme, tu as aujourd’hui 30 ans et tu es en pleine expédition à la rencontre de requins bien particuliers. Peux-tu nous dire en dire plus sur Lords of the Ocean ?

 » – Salut, Lords of the Ocean c’est un projet que j’ai créé avec Benjamin, un de mes meilleurs amis, après 6 ans à travailler d’arrache-pied un peu partout dans le monde , on avait envie de faire une pause et œuvrer pour une cause qui nous tenait vraiment à cœur : les requins. Il faut savoir qu’en 60 ans le nombre de requins a diminué de 90% , on en massacre plus de 100 millions par an  et peu de personne se battent pour eux car dans l’opinion public ils sont toujours vu comme des mangeurs d’hommes , ce qu’ils ne sont pas . Du coup on s’est lancé dans un projet un peu fou, partir avec deux autres amis sur mon voilier pendant 9 mois pour plonger avec les 5 requins réputés les plus dangereux aux monde… pour tourner une web série et un docu/film sur notre aventure afin d’essayer de changer les mentalités.

– Qui compose ton équipe ? Quels sont leurs métiers en dehors de ce projet ?

Alors on a Cyrielle qui est notre monitrice de plongée et qui a l’habitude de plonger avec les requins bouledogues depuis 3 ans à Playa del Carmen au Mexique, Benjamin, un ingénieur naval qui est aussi un très bon apnéiste et Armel, notre réalisateur cameraman qui sort d’une école de réalisation de documentaires animaliers et qui est spécialisé dans la prise de vue sous-marine , je suis moi-même ingénieur hydrographe et capitaine de notre beau voilier, Mecton. 

– Etiez-vous tous proches du milieu maritime avant cela, y aviez-vous déjà travaillé ?

Oui tout le monde est très familier du milieu maritime , c’est d’ailleurs ce qui nous a réuni sur ce projet, la plongée sous-marine est vraiment une passion qui nous rassemble et tout le monde a vraiment à cœur de défendre la mer  et alerter sur les dangers qu’elle encourt. On a tous travaillé sur l’eau que ce soit au Bahamas, au Mexique , en Irak , aux Philippines , en Malaisie , en Arabie Saoudite , en Suède , au Kenya, aux îles Marshall …

 – Quel est ton parcours scolaire (depuis le lycée) et professionnel avant de lancer cela ?

Après une terminal S, j’ai fait une prépa scientifique (PCSI) pour finir dans une école d’ingénieur spécialisé dans l’ingénierie maritime (l’ex ENSIETA maintenant appelée ENSTA Bretagne) et déjà à l’époque la mer était ma seule motivation. Je suis sorti avec un diplôme d’ingénieur océanographe-hydrographe. J’ai démissionné pour réaliser mon rêve après 6 ans à travailler à travers le monde pour une compagnie néerlandaise en tant que topographe/hydrographe.

– Que t’as apporté ton parcours pour monter ce projet fou?

Je dirais une bonne maîtrise de l’anglais, une bonne débrouillardise et de ne pas avoir peur de l’inconnu. En 6 ans j’ai travaillé dans plus d’une vingtaine de pays différents et parfois dans des conditions difficiles (Irak, Angola, Nigeria, mer du Nord…), de plus les responsabilités qu’on est amené à prendre en tant qu’ingénieur permettent de mieux appréhender les choses quand on doit réaliser un tel projet.

 – Quels ont été les principaux challenges pour parvenir à enfin lever l’ancre?

D’abord trouver l’équipe idéal, des gens qui veulent partir avec toi sur un bateau pour plonger avec des requins… c’est facile à trouver, mais être certain que ces personnes sont les bonnes c’est une autre histoire. Ensuite armer un bateau pour qu’il soit complètement autonome en eau, énergie, nourriture, qu’il soit apte à la navigation hauturière et capable d’accueillir le matériel pour 4 plongeurs c’est pas si facile. Enfin je dirais que se battre en continue avec les paperasses administratives (assurances, autorisation, licence, contrat, fiscalité, santé …) peut vite être décourageant et il faut vraiment penser à la finalité du projet pour garder la motivation

 – Penses-tu garder un pied (professionnel) dans le milieu maritime après ce projet ?

Oui bien sûr, je ne suis vraiment heureux sur et surtout sous l’eau. Donc que ce soit avec d’autres projets ou en retournant à mon premier métier je serai toujours en lien avec l’Océan.

– Que conseillerais-tu à un lycéen ou un étudiant qui souhaiterait un jour se lancer dans une telle expédition ? Quelles compétences sont à rechercher ?

Je dirais qu‘il est possible de se lancer dans un tel projet en venant un peu de n’importe quelle filière, du moment qu’on a pris le temps de bien se documenter sur le sujet et de vérifier tous les aspects de l’aventure, tous est possible.

Le plus important, en dehors de la motivation, est d’être bien entouré… avoir des contacts qui s’y connaissent dans beaucoup de domaines différents aide souvent beaucoup ! Ensuite faire des listes, des plannings, s’y tenir le plus possible et rester toujours fixé vers votre objectif.

Et surtout ne pas oublier de décompresser les jours ou ça va pas ! »